Extrait "Nos enfants et les dangers du seXe" Brigitte Minel


Nos enfants et les dangers du seXe

Comprendre la sexualité de nos enfants et adolescents



Mise en garde


Ne sautez en aucun cas cette page !

Ce que ce livre va vous révéler des activités sexuelles des enfants, des plus préoccupantes aux plus banales mais toxiques, peut vous étonner, vous choquer et vous donner l’envie d’en savoir plus sur la sexualité de vos propres enfants. C’est pourquoi je souhaite vous mettre en garde dès le début contre toute réaction intempestive.

Tout au long de ma carrière, des adultes et des enfants m’ont raconté comment ces actes, les leurs, ceux d’autrui, ont perturbé leur sexualité, leur capacité à aimer et parfois brisé leur vie.

Si vous lisez cet ouvrage en prévention, vous apprendrez à quelles difficultés votre enfant peut être exposé et vous l’en protégerez plus habilement.

Quoi que vous découvriez ou suspectiez, je vous invite à lire cet ouvrage en entier avant d’aborder le sujet. Vous risquez, en intervenant de façon prématurée, de stigmatiser ce qui doit être dénoué avec douceur, dans une approche pleine d’empathie, avec recul et objectivité. Bien des enfants et des adultes ont été finalement autant traumatisés par la réaction de leurs parents que par ce qu’ils ont subi ou fait.
Un parent doit savoir rester accueillant et aimant quand bien même son enfant est abuseur et abusé.

Si votre lecture vous confirme que votre enfant a un réel problème et que vous avez toujours peur d’aborder le sujet de façon maladroite, emmenez l’enfant consulter.

Rencontrez en tête-à tête le ou la psychothérapeute ou praticien en psychothérapie, pour vérifier que vos points de vue concordent. Les « psys » n’ont pas tous la même approche. Etrangement, les psychiatres, psychologues ou psychothérapeutes, ne reçoivent aucun enseignement philosophique, ainsi ce qui est considéré comme « sain » est laissé aux croyances personnelles. J’entends par « sain » la découverte de l’amour et de la sexualité vécus à un âge de maturité, et qui n’est pas mécanique et pas forcément performant, comme dans la pornographie.

Ce livre peut aussi raviver en vous certains souvenirs pénibles, susciter des questionnements qui doivent alors être l’occasion d’un « travail sur soi ». Si vous avez un vécu particulier, si vous ressentez une blessure en vous, si un ascendant de l’enfant a été abusé, je vous encourage vivement à entamer ce travail.

Je vous exhorte dans tous les cas à ne pas laisser traîner cet ouvrage, qui ne s’adresse qu’aux adultes, sous le prétexte de pouvoir attirer l’attention des enfants, des adolescents, et entrer en matière. Si vous souhaitez l’appui d’un texte adapté, vous en trouverez dans le commerce et je prévois la publication d’un tel ouvrage pour les petits.

Pour amorcer le dialogue, essayez de trouver les mots qui conviendront le mieux à votre enfant et respecteront sa pudeur. Sachez qu’un enfant abusé est encore plus pudique qu’un enfant indemne.

Un dernier aspect demeure, celui de savoir ce que vous souhaitez transmettre. Quel que soit votre degré de liberté face à la sexualité, quel soit votre approche personnelle, il est bon pour l’enfant de préserver un idéal de fraîcheur, tout en lui permettant une liberté d’expression.

C’est le point de vue que j’adopterai dans mes propos. J’entendrai par le terme « abus » l’abus sexuel par l’usage de la force, l’intimidation, le chantage, la séduction, la peur, la surprise, l’emprise émotionnelle. Ou tout simplement l’abus de pratiques sexuelles par des enfants trop jeunes.

Outre l’abus, mes propos nous emmènerons dans les sphères de la pornographie, la masturbation compulsive, la séduction, auxquelles sont confrontés les enfants au quotidien, sans que nous ne le suspections toujours.

J’ai écrit ce livre parce que je me suis sentie de plus en plus sensibilisée et émue, au fil des années, par le nombre d’abus. L’abus rapporté par les patients adultes, je pouvais le concevoir, leur enfance se situant à une époque où l’on parlait peu de sexualité… Chez les enfants, NON !
Trop nombreux sont les enfants encore victimes !

J’aimerais que ce livre soit lu par tous les parents ! Qu’ils sachent ce que j’ai entendu… Qu’ils donnent à leurs enfants le moyen de se défendre !

Je rêve d’une grande chaîne humaine de parents conscients qui protègeraient tous ensemble l’innocence de nos enfants.






Au-delà de la pédophilie


Votre enfant est peut-être victime d’inceste, sans que vous le sachiez. Victime ou… acteur ?

Entre 9 et 12 ans, Julien[1], un garçon un peu anxieux mais calme, passera toutes ses nuits dans le lit de sa sœur. Avec elle il s’adonnera à des attouchements sexuels poussés jusqu’à l’orgasme. Sa sœur est son aînée de deux ans.

Vous vous dites que Julien est probablement déséquilibré ou certains penseront ou prétendront au contraire que c’est anodin. Ni l’un ni l’autre ne sont vrais.

Ces souvenirs sont terriblement pesants, d’autant plus qu’il n’y a pas eu de violence et qu’il aime beaucoup sa sœur. Jamais ils n’ont réussi à en parler. Ce non-dit est lourd entre eux et toute relation intime avec une femme lui est impossible.

Julien, adulte sympathique, bien intégré socialement, se décrit comme ayant été un adolescent pondéré et réservé. Il n’a rencontré aucune difficulté scolaire et n’a jamais été turbulent. Il travaille aujourd’hui comme comptable.

Thibault, cadre supérieur en informatique, vient me consulter pour des problèmes de couple. Durant une séance il éclate en sanglots. Lors de vacances, âgé de huit ans, ses parents l’ont fait dormir dans le même lit que son frère aîné, qui l’a incité à lui faire une fellation.
Thibault s’est exécuté. Ne connaissant pas le phénomène de l’éjaculation, il a cru que son frère lui faisait pipi dans la bouche.

Ninon , étudiante, m’explique qu’à 17 ans, après une soirée bien arrosée, dans la grande maison familiale pleine de copains qui couchaient là, elle partage le lit parental avec son frère. Ils ont fait l’amour. Sous des apparences désinvoltes, elle ne s’en remet pas. La relation avec son frère dès lors est entravée par la gêne et le malaise. Aujourd’hui elle se prête à des relations sexuelles sans lendemain qu’elle vit comme dégradantes, fume trop, du cannabis aussi, et boit régulièrement.

Les familles de ces trois personnes ne sont pas défavorisées et les parents n’ont jamais divorcé.

Par les medias, nous connaissons de mieux en mieux le douloureux problème de l’inceste, perpétué par l’adulte sur l’enfant, mais moins les abus entre enfants, et qui sont pratiquement aussi courants.

Ces relations sexuelles entre frères et sœurs, frères et frères, quasi frères et sœurs, cousins et cousines, parfois enfants d’un même voisinage, enfants des amis des parents, ne sont jamais anodines et bouleversent émotionnellement les enfants et leurs familles. Certaines, mais rarement, se terminent aux tribunal pour enfants, mais la plupart restent non-dites.

Pour donner rapidement quelques chiffres, il apparait d’après un sondage IPSOS du 16 et 17 janvier 2009 que 3% des français et même 5% des femmes auraient été victimes d’inceste.

Selon les chiffres issus du Bulletin 2000 du Collectif Féministe contre le Viol, 45.9% des victimes auraient moins de 15 ans. Il s’agirait majoritairement de filles. Les agresseurs sont de sexe masculin à 96,3 %. La plupart des agressions ont lieu au domicile de la victime, 67,7 %. Et 74 % des victimes connaissaient leur agresseur.

Ces chiffres sont bien en-deçà de la réalité. AUCUN des patients, qui m’ont rapporté avoir subi l’inceste, n’avait porté plainte. En outre ces victimes n’accepteraient pas de répondre à un tel sondage et n’ont appelé aucun centre d’accueil. Elles évitent de se confronter à tout ce qui leur rappelle ces moments douloureux. La honte et la culpabilité scellent leur secret.
Bien sûr, on ne répertorie pas le nombre d’enfants “ agresseurs ”. Peut-on imaginer un sondage qui demanderait : « Avez-vous jamais agressé sexuellement une personne de votre entourage ? »

Donc si 5% des femmes disent avoir été victimes d’inceste, et que l’on ajoute les enfants agresseurs, en incluant les agressions non-incestueuses, et en considérant qu’un enfant agresseur puisse en agresser plusieurs, on peut probablement facilement doubler le chiffre et ainsi considérer que plus de 10% des enfants ont commis ou subi l’inceste ou des abus. Au moins un enfant sur dix, trois dans chaque classe !
Si les médias attirent notre attention sur les « tournantes » des cités, sachez que parmi mes patients évoluant dans des milieux bourgeois feutrés, ces choses existent au quotidien.
Robin a 22 ans, il est étudiant. Ses parents le laissent seul et partent au ski hors vacances scolaires. Robin est un jeune homme très raisonnable, un peu timide et réservé, et sa mère s’interroge. Pourquoi n’a-t-il jamais eu de petite amie alors que son frère cadet vit déjà quasiment en couple ? A leur retour, les parents trouvent Robin angoissé, en proie à des crises de sanglots. Il n’a pas supporté la solitude, a paniqué et cette émotion est devenue si violente qu’elle a libéré des souvenirs enfouis. Il raconte alors à ses parents que petit, chez la nounou, pendant que sa mère et « Tata » discutent sur le pas de la porte, les deux étant très bavardes me raconte la mère, le fils de cette dernière l’attirait dans sa chambre, sous prétexte de lui montrer des jeux vidéo, et l’obligeait à des fellations.


Ça ne peut pas arriver chez moi !


Vous vous dites que ça ne peut pas arriver chez vous, que vos enfants ne feraient jamais cela et pourtant…

Je suis chez mon amie Marie, nous discutons dans sa cuisine pendant que ses deux petits prennent le bain. Emma a trois ans et Hugo six. La porte de la salle de bains est entrouverte et nous les entendons rire et jouer. Nous sommes absorbées dans notre conversation. Un quart d’heure passe. Marie va les sortir du bain. Elle m’invite à la suivre. Elle sort les petits, les enveloppe dans d’adorables peignoirs. Ils sont vraiment trop mignons.

Emma est très bavarde et communicative : « Maman, tu sais ce qu’Hugo vient de faire ? Il a voulu mettre son doigt dans ma nénette ! Alors je lui ai dit qu’il y avait une petite souris au fond qui allait le mordre ! »

Marie me regarde et ne sait que répondre. Elle ne veut pas culpabiliser Hugo. Mais elle sent qu’elle ne peut pas laisser la situation telle quelle.

« Hugo, tu ne dois pas faire cela. Tu ne dois pas toucher ta sœur à cet endroit ! »

Marie prend conscience qu’elle ne peut plus laisser les enfants prendre le bain ensemble, mais elle a peur, en intervenant maladroitement, qu’Hugo puisse interpréter l’interdit comme une censure générale de sa curiosité sexuelle, ce qu’elle ne souhaite évidemment pas.

Marie m’avoue qu’il lui est difficile d’expliquer à ses enfants comment ces « choses-là » fonctionnent. Elle attend qu’ils l’interrogent. Mais peu d’enfants posent spontanément des questions sur la sexualité. Même s’ils ont des sensations aux niveaux des organes génitaux, du ventre, et l’envie de les explorer, ils n’ont pas idée de l’univers de la sexualité. Et pas du tout l’idée qu’il existe un lien entre ces sensations et la naissance des bébés.

Peu d’enfants disent : « Papa, mon zizi devient dur, pourquoi ? » ou « Maman, je ressens une sorte de chatouillis dans le ventre, c’est quoi ? » Ces sensations existent depuis toujours dans leur corps, de façon diffuse, sans qu’ils imaginent toute l’étendue de la réalité qu’elles recèlent de façon embryonnaire.

Ils ne connaissent pas non plus les règles relatives à l’accouplement dans les sociétés humaines et sont là tout neufs, avec juste des sensations rigolotes ou plus pressantes. Une soif de découverte et parfois des pulsions sexuelles plus agressives dont ils ne savent que faire.

Quand sa fille et le fils de son mari avaient cinq ans, Viviane les a trouvés tout nus dans le lit. Ils rigolaient et, ne sachant comment se comporter, elle a ri avec eux. Mais en grandissant, Sébastien, âgé aujourd’hui de douze ans, se révèle extrêmement excité. Il s’agite ou fait des bruits démonstratifs et grossiers devant toute image de corps de femme, de sensualité, de baisers, de couple. Elle n’a pas mis Chloé en garde et a du mal à canaliser Sébastien qui n’est là qu’un weekend sur deux. A chaque weekend, tout est à recommencer. Son mari semble aveugle au comportement de Sébastien et se montre surprotecteur. Je lui explique qu’il est important qu’elle informe Chloé que les garçons peuvent lui porter une attention qui pourrait dépasser ses espérances.

Valérie reçoit Maxime, le copain de son fils Valentin, huit ans. Ils souhaitent dormir dans le même lit. Lorsqu’elle passe devant la chambre, elle entend des gémissements et trouve Valentin et Maxime enlacés, mimant l’acte sexuel. Maxime a deux frères adolescents et tous deux ont des petites amies. Elle suspecte qu’il a été exposé à des scènes érotiques. Elle intime aux enfants de se calmer et installe Maxime dans la chambre d’amis.

Valérie a subi de l’abus lorsqu’elle était enfant. Elle sait qu’aller trop loin et trop tôt dans l’exploration de la sexualité, avec les mauvais partenaires, est un fait à la fois banal mais hautement traumatisant.


Table des matières
Mise en garde 
Au-delà de la pédophilie 
Ça ne peut pas arriver chez moi ! 
Découvertes choquantes 
L’interdit de l’inceste, connais pas ! 
Pourquoi ne laisserait-on pas faire ? 
Pourquoi les enfants acceptent-ils l’abus ? 
Pourquoi les enfants ne dénoncent-ils pas l’abus ? 
Qui abuse ? 
Que dire à nos abuseurs ? 
Comment réconforter nos victimes ? 
La masturbation compulsive 
Le porno, pourquoi c’est problématique ? 
L’homosexualité, seulement si c'est vraiment son choix ! 
La séduction 
Comment prévenir ? 

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